Essai Yamaha Tricity 125Pour son 1er essai sur Scooter System, Aurélien s'est rendu à Amsterdam où Yamaha nous avait conviés. Il résume dans cet essai ses impressions sur le Tricity 125, nouveau scooter 3 roues du constructeur nippon. Le moins qu'on puisse dire, c'est qu'il a été séduit par ses qualités, et cela aussi bien en environnement urbain que sur route !

Essais scooter 1 réaction

Le logo du TricityFin 2006, une nouvelle famille à 3 roues faisait son apparition dans le paysage urbain avec le Piaggio MP3. Face au succès de ce dernier, la concurrence a mis un peu de temps à réagir mais des scooters tels que le Metropolis ou le Quadro sont venus diversifier l'offre. Pour le dernier semestre 2014, c'est Yamaha qui s'invite dans la danse avec le Tricity.

Yamaha est sans conteste l'un des constructeurs moto les plus réputés. Il le doit à une multitude de succès commerciaux toutes cylindrées confondues. Il suffit de citer le Bw's, le T-Max, la R1 ou encore la YZ pour faire briller les yeux de générations de passionnés de deux-roues motorisés. Mais s'il y a un segment où on attendait avec impatience le constructeur nippon, c'est celui du scooter 3 roues.

Vendu 3799€, le Tricity se veut accessible au plus grand nombre
Vendu 3799€, le Tricity se veut accessible au plus grand nombre

Force est de constater que le marché actuel du tricycle motorisé est dominé par des cylindrées moyennes de 400 à 500 cm3... avec des prix en rapport : de 7000 à 9500€ en moyenne. Le poids et le gabarit des véhicules concernés peut aussi constituer un frein à l'achat, en particulier chez la gent féminine. Tenant compte de l'ensemble de ces éléments, Yamaha a travaillé sur un concept à même de bouleverser le marché du 3 roues, et pas seulement en France !

Le Tricity, pour elle comme pour lui

Yamaha s'est positionné sur la cylindrée 125 cm3 pour faire chuter le prix de son Tricity sous la barre des 4000€. Mais l'objectif était également de proposer un véhicule accessible à tous et à toutes, avec une pensée toute particulière pour les novices et les non-pratiquants.

Avec un gabarit compact et une absence de système de blocage des roues à l'arrêt, le gain de poids est évident puisque le scooter à 3 roues affiche un très raisonnable 152 kilos sur la balance. Pour rappel, il faut en compter 100 de plus pour les MP3 LT 500 ou Peugeot Metropolis...

Grâce à une répartition 50/50 du poids entre l'avant et l'arrière du véhicule, le Tricity 125 est parfaitement sain, instinctif et sa prise en mains s'avère plus qu'évidente. Nous reviendrons sur sa partie dynamique un peu après, car il nous incombe d'abord de faire le tour du propriétaire.

Moderne et racé, le Tricity affiche une vraie personnalité
Moderne et racé, le Tricity affiche une vraie personnalité

Grâce au savant coup de crayon des designers Yamaha, le Tricity ne manque pas de charme. Ses lignes sont tendues et mixent des éléments de carrosserie peints et d'autres à l'aspect nid d'abeilles. L'apport stylistique des jantes est dans la continuité de sa silhouette moderne, les feux avant et arrière sont à leds et le saut-de-vent sport est légèrement fumé de série.

La finition est exemplaire, à l'image de l'insert qui souligne le clignotant
La finition est exemplaire, à l'image de l'insert qui souligne le clignotant

Quelques détails flattent l'ego, à l'image des surpiqûres de selle blanches ou du logo chromé incrusté dans la coque arrière. Mais qui dit flatteur ne veut pas dire cheap : rien n'a été fait au détriment de la qualité d'assemblage et de la finition des plastiques. On reconnaît bien la griffe Yamaha !

Un train avant exclusif

Moins complexe que celui d'un Piaggio MP3 ou d'un Peugeot Metropolis, le train avant du Yamaha Tricity 125 est dit de type « Cantilever ». S'il ne paie pas de mine, le système s'avère pourtant formidable dans son comportement.

Chacune des roues de 14'' est associée à une fourche téléscopique
Chacune des roues de 14'' est associée à une fourche téléscopique

Son principe est simple : chacune des deux fourches est indépendante, mais elles sont reliées dans leur partie supérieure par un parallélogramme composé de deux pièces d'aluminium. Chaque fourreau arrière joue la fonction d'amortisseur alors que le fourreau avant assure le guidage de la roue.

Les disques avant ø 220 mm bénéficient d'une protection spécifique
Les disques avant ø 220 mm bénéficient d'une protection spécifique

Pour faciliter la maniabilité en ville, les roues avant sont en 14'' chaussées en pneus fin (90/80) tandis que la roue arrière de 12'' est posée sur un gros gommard de 110/90. Chaque roue reçoit son frein à disque (ø 220 mm AV et ø 230 mm AR) et la boucle arrière du cadre repose sur un combiné double amortisseur.

L'affichage LCD du compteur est agréable à la lecture
L'affichage LCD du compteur est agréable à la lecture

Parfaitement cohérent avec l'habillage et très soigné, le compteur installé sur le tableau de bord repose sur un affichage LCD, qui manque néanmoins un peu de clarté par grand soleil. Autrement, il regroupe toutes les informations nécessaires au quotidien : vitesse, jauge à essence, trips partiels, horloge, rappels d'entretien et température extérieure.

Un peu plus bas, on remarque la présence d'une trappe anti-effraction au contacteur, même si, entre nous, les tricycles ne sont pas les scooters les plus convoités par les voyous...

La poignée de maintien allie habilement esthétisme et fonctionnalité
La poignée de maintien allie habilement esthétisme et fonctionnalité

Notons par ailleurs que le Tricity est équipé pour les trajets en duo. L'agrément est assuré par des repose-pieds escamotables, une assise relativement confortable et des poignées passager ergonomiques... et discrètes, ce qui n'est pas toujours le cas !

Pratiques, les repose-pieds sont aussi invisibles une fois repliés
Pratiques, les repose-pieds sont aussi invisibles une fois repliés

Tous les motocyclistes ne font pas le choix du scooter pour les mêmes raisons. La protection, la facilité d'utilisation (absence de boîte de vitesses), le confort mais aussi l'espace de rangement conséquent sont parmi les critères les plus communs. C'est sur ce dernier point que le Tricity marque des signes de faiblesse... mais pas tant que ça à y regarder de plus près.

Pas très volumineux en apparence, le coffre accepte pourtant un casque intégra
Pas très volumineux en apparence, le coffre accepte pourtant un casque intégra

Sous la selle, le coffre avale un casque jet ou un intégral de taille raisonnable. Impossible en revanche d'y loger un second casque car la partie arrière est occupée par le réservoir de carburant. Si on le retrouve de plus en plus souvent sous le plancher pour une bonne répartition des masses (et un coffre plus grand), le surpoids du train avant du Tricity a contraint les ingénieurs à le faire migrer à l'arrière.

Le plancher plat autorise le transport de divers objets, pratique !
Le plancher plat autorise le transport de divers objets, pratique !

Dépourvu de réservoir, le plancher plat est donc spacieux et vous permettra d'y loger un éventuel sac de sport ou vos courses du jour. Le crochet porte-paquet contribuera à l'utilisation de cet espace. En revanche, pas de boîte à gants...

Ce petit crochet peut s'avérer très pratique au quotiidien
Ce petit crochet peut s'avérer très pratique au quotiidien

Nous vous le disions au début, le Tricity est pensé pour convenir au plus grand nombre, mais nous vous mettons en garde si vous faites plus de 1,80 mètre. L'inclinaison de la selle fait que le pilote glisse un peu en avant lors des freinages et a rapidement les genoux au contact du tablier intérieur. Il convient donc de se replacer régulièrement en selle au feu rouge, une habitude à prendre... ou un frein à l'achat, à vous de juger.

Une motorisation urbaine

Pas de foudre de guerre pour le Tricity 125, sa zone de prédilection étant avant tout, comme son nom l'indique, la « city » (la ville). C'est la raison pour laquelle Yamaha a développé un nouveau moteur capable de répondre aux contraintes urbaines mais aussi péri-urbaines.

Le Monocylindre 4T de nouvelle génération développe 10,9 ch
Le Monocylindre 4T de nouvelle génération développe 10,9 ch

Le Tricity 125 est propulsé par un monocylindre 4T à 2 soupapes et refroidi par eau. Développant 10,9 ch à 9000 trs/min, il se caractérise par un paramétrage spécifique de l'injection favorisant le couple à bas et moyen régime. Autre point fort, sa consommation est parmi les plus basses du marché avec une moyenne de 3 L / 100 km.

Le Tricity procure un réel plaisir de conduite sur route
Le Tricity procure un réel plaisir de conduite sur route

Un gabarit compact pour un comportement exemplaire

Les chiffres parlent d'eux mêmes. Avec 152 kg sur la balance, un empattement court de 1310 mm et un espace entre les roues avant de 38,5 cm (46,5 sur les MP3), le Tricity n'a rien à voir avec les mastodontes qui trustent les premières places du podium sur le segment.

Un constat partagé par les 20 journalistes aux côtés desquels nous avons réalisé cet essai à Amsterdam. Chacun prend le guidon de son Tricity, homme ou femme, trentenaire ou vieux loup de mer et 50 mètres plus loin, les réactions sont unanimes au premier stop : « c'est formidable » !

Au guidon du Tricity, la prise d'angle se fait en toute sérénité
Au guidon du Tricity, la prise d'angle se fait en toute sérénité

La prise en mains est instinctive, y compris pour une femme qui n'a jamais fait de 2 roues. Certes, il n'y a pas de fonction de blocage des roues à l'arrêt, mais cela permet aussi d'alléger le train avant. C'est indéniable, on ne ressent pas du tout l'imposant surpoids des Metropolis ou MP3 et le comportement du Tricity se rapproche plus du scooter classique que du 3 roues.

Vif, agile, il bascule de gauche à droite avec beaucoup de réactivité, ses roues de 14'' à pneus fins y jouant aussi un rôle important. Notre essai s'est d'abord déroulé dans le centre d'Amsterdam, un choix judicieux pour tester les nombreuses routes pavées et parsemées de ralentisseurs.

Nous aurions été plus inquiets si Yamaha nous avait fait éviter de suite les routes à embûches. Preuve que le constructeur nippon était totalement confiant quant aux aptitudes de son nouveau tripode.

Confortable, le Tricity ne rechigne pas devant les pavés et autres routes sinueuses
Confortable, le Tricity ne rechigne pas devant les pavés et autres routes sinueuses

Les suspensions travaillent bien et absorbent les irrégularités de la route avec brio. Associées à une selle moelleuse et une position de conduite agréable, ce Tricity est vraiment bluffant en action.

S'il est dépourvu d'ABS, le Tricity bénéficie d'un freinage couplé avant / arrière au levier gauche, un vrai plus en matière de sécurité. Sur un gros freinage, les disques de ø 220 et 230 mm suffisent amplement à stopper les 152 kg de l'engin. La réactivité et le dosage sont bons, le feeling aux leviers un peu moins.

Notre Tricity d'essai était blanc nacré, il existe aussi en gris et rouge
Notre Tricity d'essai était blanc nacré, il existe aussi en gris et rouge

Après cette prise en mains citadine, la meute de Tricity s'est dirigée à la périphérie d'Amsterdam pour profiter des vastes étendues en rase campagne. Un bon moyen de tester les qualités dynamiques du Tricity à haut régime.

Or, il a continué à nous surprendre avec un train avant rigoureux qui autorise de jolies prises d'angles en courbes. Son excellente tenue de route permet de jouer un peu mais avec une vitesse max qui peine à franchir la barre des 100 km/h, l'adrénaline retombe assez vite. Un petit bémol vite assimilé tant ses qualités sont évidentes. Voilà ce qu'on appelle un produit révolutionnaire.

Contrairement aux autres 3 roues français, le Tricity a des prétentions mondiales
Contrairement aux autres 3 roues français, le Tricity a des prétentions mondiales

Je signe où ?

Il est clair qu'à 3799€, le Tricity bouleverse complètement les codes du marché. Au-delà de son prix divisé par deux face à un 3 roues, il est aussi moins cher que les GT stars comme les X-Max et Honda S-Wing qui oscillent entre 4400 et 4600€.

Un tarif aguicheur, une maniabilité évidente associée à une rigueur sur voies rapides, la stabilité d'un 3 roues, une finition exemplaire, un moteur peu gourmand et pêchu... il y a fort à parier que le Tricity va chambouler les chiffres des ventes pour l'année 2014.

Il ne reste plus à la concurrence qu'à s'adapter, ce qui laisse au Yamaha Tricity et à son équivalent MBK Tryptik une longueur d'avance de 2 ou 3 ans. De quoi envahir les rues des grandes villes de France ! Pour découvrir et essayer le modèle, rendez-vous en concession Yamaha dès à présent !

N'hésitez pas à vous rendre en concession Yamaha pour le tester !
N'hésitez pas à vous rendre en concession Yamaha pour le tester !

En résumé

Points forts

Points faibles

  • Prix d'attaque
  • Stabilité
  • Moteur pêchu
  • Prise en mains
  • Freinage couplé
  • Grands gabarits
  • Protection pilote
  • Vitesse max
  • Perfs en duo
  • Capacité d'emport